Les gardes-chasses privés sont payés par les fédérations. C'est comme si les gendarmes étaient payés par l'automobile club. Les gardes-chasse de l'Etat sont quant à eux en nombre notoirement insuffisant. Ils sont par ailleurs impuissants par rapport aux fédérations, qui ont toutes des appuis haut placés. La plupart des plaintes sont classées sans suite : lorsqu'un chasseur abat un animal protégé, comme un loup ou un rapace, et qu'il le rapporte à sa fédération, on n'a jamais vu qu'il était dénoncé par cette fédération, qui se retrouve ainsi complice. Sanction ? Aucune. Les éleveurs ou les chasseurs qui ont abattus des loups ou des ours ont-ils été punis ? Jamais.
On multiplierait longuement les exemples. Lorsque le droit en vigueur (déjà bien loin d’une véritable protection de l’animal) est constamment violé sans qu'aucune sanction soit jamais prononcée, lorsque les autorités couvrent les délits ou les organisent, au profit d'une minorité violente, on peut légitimement penser à un pouvoir mafieux.
Certes, aujourd'hui la chasse est légale, mais cette légalité même est illégale par rapport aux législations européennes ou même par rapport à ce qui serait utile au bien public, et bien sûre criminelle par rapport aux droits des animaux, sans compter les accidents de chasse qui coûtent la vie à des dizaines de promeneurs, avec des peines minimes pour les chasseurs qui les tuent. L'action de sabotage reste alors le seul recours pour faire entendre la voix de la justice, puisque aucune action légale n'aboutit devant les tribunaux. Le sabotage de chasse est désormais le recours des militant-e-s déterminés. |